CAMPAGNE POUR PLUS D'ÉDUCATION À L'ÉCOLOGIE
Février 2026
Notre évaluation de la politique éducative de la France
À l’occasion de la journée mondiale de l’éducation nous avons noté la politique éducative de la France en 7 points. Le résultat est déplorable :
3/20
1. EN FINIR AVEC LE MÉPRIS
Nous manquons de cours sur l’écologie. Selon les cursus ces cours sont soit mis de côté, soit traités dans une seule matière soit tout simplement absents. La plupart du temps le sujet est abordé comme si nous n’étions pas concernés.
2. EN FINIR AVEC LE HORS-SOL
Ils disent que ce sera à nous de sauver la planète, mais nous n’allons jamais dehors au contact de la nature.
3. EN FINIR AVEC LE FATALISME
Lors des rares cours qui nous sont dispensés on nous inonde de faits accablants sans adopter de vision tournée vers l’avenir.
4. EN FINIR AVEC LE DÉNI
On nous parle de crises systémiques sans pour autant remettre en question ce même système.
5. EN FINIR AVEC LA DISSONANCE COGNITIVE
On nous enseigne des choses mais on nous fait faire le contraire. Tout en alertant sur les gaz à effet de serre, on nous sert de la viande à la majorité des repas.
6. EN FINIR AVEC LE GREENWASHING
Nous avons droit à de beaux discours de la part des chefs d’établissement et de l’Education nationale pour verdir leur image, mais à aucune action concrète. Ils vont même jusqu’à nous exploiter en nous chargeant de planifier la transition de leurs établissements.
7. EN FINIR AVEC LE MANQUE DE FINANCEMENTS
On nous parle de transition mais où est-elle ? Nos établissements ne sont toujours pas protégés contre les canicules et le froid !
Bien sûr le personnel éducatif n’est pas seul responsable, il n’est pas formé ni accompagné correctement par ses ministères.
Enfin, rappelons qu’à terme le changement climatique et les autres catastrophes nous empêcheront tout simplement d’aller à l’école.
Nos actions
Le 13 février, nous avons envoyé des lettres à nos établissements ainsi qu’au ministre de l’Éducation Nationale et au ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
- À Strasbourg, nous nous sommes mobilisé.es au collège Michaël mais aussi au lycée Le Corbusier.
- À Aix-en-Provence, les élèves du collège Mignet étaient en stage, mais ont pu rédiger leur lettre et l’envoyer à leur chef d’établissement au retour des vacances.
- À Fontainebleau et à Lille, les militants de nos branches locales ont également envoyé une lettre à leurs établissements respectifs.
- Enfin, nous avons envoyé une lettre rédigée par notre Conseil d’Administration national au ministre de l’Education nationale.
Cher Monsieur le ministre,
Nous sommes collégiens, lycéens et étudiants de Fridays For Future. Nous faisons la grève de l’école car nous voyons notre avenir partir en fumée. Le climat change à toute allure, mais l’école évolue peu.
Nous sommes en classe et nous écoutons nos professeurs, mais nous n’entendons rien sur les enjeux planétaires. Les catastrophes s’intensifient, et feront de plus en plus partie de nos quotidiens et de nos futurs métiers. Tous les domaines seront impactés, il va falloir atténuer notre empreinte écologique et nous adapter. Nous avons besoin de sortir de classe et de nous sentir préparés ; mais nous ne sommes pas prêts, nous ne sommes même pas correctement informés. On dirait que ces questions cruciales sont mises de côté. Quand on les aborde, on les étudie sous un angle abstrait et éloigné comme si elles ne nous concernaient pas. Dans la salle, il semble impossible de questionner les mécanismes qui nous ont poussés dans l’impasse, ce qui fait flotter une sensation de déni.
Nous sommes en classe et nous fixons le tableau noir sur lequel nos professeurs dressent des portraits accablants. La seule chose que ces discours provoquent en nous c’est de l’éco-anxiété. Ces désastres écologiques nous sont présentés comme des fatalités ; alors que le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la raréfaction de l’eau douce ou encore l’acidification des océans peuvent être freinés voire arrêtés. Nous avons besoin de lucidité quant à la gravité de la situation, mais nous avons aussi besoin de comprendre les pistes pour empêcher le pire de se produire. Nous voulons aborder ces sujets avec une vision tournée vers l’avenir.
Nous sommes en classe et nous sommes assis sur nos chaises, passifs face à l’urgence. Nous avons besoin de nous lever et de devenir acteur de notre futur. En classe nous avons besoin d’apprendre, de comprendre, et aussi de faire. Nous ne voulons plus être spectateurs, nous avons besoin que l’école devienne un lieu d’action, d’expérimentation et de fabrication des alternatives de demain.
Nous sommes en classe et tout semble à l’exact opposé de ce qu’il faudrait faire. Les murs mal isolés ont fait de la salle une étuve ou à l’inverse, la salle s’est transformée en un gigantesque courant d’air qui laisse s’échapper toute la chaleur. Nous avons besoin de cohérence : on nous parle des émissions de gaz à effet de serre et du jour de dépassement tout en nous servant de la viande lors de la majorité des repas. Pour parler correctement d’écologie à l’école, l’école se doit d’être écologique.
Nous vous demandons de réaffirmer la place de l’écologie à l’école ; de faire de l’écologie une pédagogie proche de la nature, cohérente, tournée en direction de l’avenir et qui rende les élèves actifs. Une proposition de loi a été soumise au parlement cet été, nous vous demandons également de la soutenir dans son parcours et dans sa mise en place.
Sincères salutations,
Fridays For Future France
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A PROPOS
Fridays For Future France est la branche française du mouvement international de grèves pour le climat fondé par Greta Thunberg