Le vendredi 13 février on se mobilise pour plus l’écologie à l’école. Nous enverrons des lettres à nos établissements ainsi qu’au ministre de l’Éducation Nationale et au ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Consulter notre évaluation de la politique éducative de la France pour mieux comprendre l’état déplorable de la France :

Notre lettre :

Cher Monsieur le ministre,

Nous sommes collégiens, lycéens et étudiants de Fridays For Future. Nous faisons la grève de l’école car nous voyons notre avenir partir en fumée. Le climat change à toute allure, mais l’école évolue peu.

Nous sommes en classe et nous écoutons nos professeurs, mais nous n’entendons rien sur les enjeux planétaires. Les catastrophes s’intensifient, et feront de plus en plus partie de nos quotidiens et de nos futurs métiers. Tous les domaines seront impactés, il va falloir atténuer notre empreinte écologique et nous adapter. Nous avons besoin de sortir de classe et de nous sentir préparés ; mais nous ne sommes pas prêts, nous ne sommes même pas correctement informés. On dirait que ces questions cruciales sont mises de côté. Quand on les aborde, on les étudie sous un angle abstrait et éloigné comme si elles ne nous concernaient pas. Dans la salle, il semble impossible de questionner les mécanismes qui nous ont poussés dans l’impasse, ce qui fait flotter une sensation de déni.

Nous sommes en classe et nous fixons le tableau noir sur lequel nos professeurs dressent des portraits accablants. La seule chose que ces discours provoquent en nous c’est de l’éco-anxiété. Ces désastres écologiques nous sont présentés comme des fatalités ; alors que le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la raréfaction de l’eau douce ou encore l’acidification des océans peuvent être freinés voire arrêtés. Nous avons besoin de lucidité quant à la gravité de la situation, mais nous avons aussi besoin de comprendre les pistes pour empêcher le pire de se produire. Nous voulons aborder ces sujets avec une vision tournée vers l’avenir.

Nous sommes en classe et nous sommes assis sur nos chaises, passifs face à l’urgence. Nous avons besoin de nous lever et de devenir acteur de notre futur. En classe nous avons besoin d’apprendre, de comprendre, et aussi de faire. Nous ne voulons plus être spectateurs, nous avons besoin que l’école devienne un lieu d’action, d’expérimentation et de fabrication des alternatives de demain.

Nous sommes en classe et tout semble à l’exact opposé de ce qu’il faudrait faire. Les murs mal isolés ont fait de la salle une étuve ou à l’inverse, la salle s’est transformée en un gigantesque courant d’air qui laisse s’échapper toute la chaleur. Nous avons besoin de cohérence : on nous parle des émissions de gaz à effet de serre et du jour de dépassement tout en nous servant de la viande lors de la majorité des repas. Pour parler correctement d’écologie à l’école, l’école se doit d’être écologique.

Nous vous demandons de réaffirmer la place de l’écologie à l’école ; de faire de l’écologie une pédagogie proche de la nature, cohérente, tournée en direction de l’avenir et qui rende les élèves actifs. Une proposition de loi a été soumise au parlement cet été, nous vous demandons également de la soutenir dans son parcours et dans sa mise en place.

Sincères salutations,

Fridays For Future France